Contact
S'identifier
| Amenager sa cave |
|
|
|
| Écrit par WEBMASTER TROOSPEANET |
| Vendredi, 08 Septembre 2006 21:34 |
|
Le jeune Julien Julien R. s’en remet à la sagesse des anciens pour ne pas enfreindre les règles de la plus vénérable institution vendéenne. Cette question a été posée sur notre liste de discussion, mais le sujet est tellement sensible que le publions pour l’édification des jeunes générations.
Bientôt propriétaire d’une maison, je sais déjà que la loi m’impose l’aménagement de la cave pour recevoir mes amis, mes voisins, le facteur, les maquignons et les colporteurs. J’ai cependant quelques doutes sur certains points du règlement. Pouvez-vous m’éclairer ?
Je vous remercie par avance de m’apporter vos lumières sur ces questions cruciales et j’apprécierais bien entendu d’avoir des conseils supplémentaires sur des points de droit qui auraient pu m’échapper. Julien
Hélas, hélas, il te sera difficile de trouver les accessoires qui hissent une cave banale au statut de haut lieu de la culture locale. Les sieges et banquette d’ID ( Citroën) se négocient à prix d’or dans les casses, quand on les trouvait pour rien naguère chez n’importe quel mécano. Et la planche à palet ? Elle se doit d’avoir été fondue par le maître des lieux , après collecte de vieilles batteries. Mais les batteries au plomb sont devenues très rares. Une planche de chez Unico nuira gravement au prestige de ta cave. Même si tes invités ont la courtisie de n’en rien dire, ils n’en penseront pas moins.
OUOUOUOUHH le vilain garçon !!! Et voilà comment les traditions se perpétuent ! Au fait, c’est pourquoi, on fait tourner le vin ???
Il faut être clair, moderne et éviter l’obscurantisme. Mais admettre les femmes à la cave s’est aussi tuer à brève échéance tout un pan de la civilisation occidentale.C’est précipiter l’extinction de ce champ culturel d’une extrème richesse que représente le corpus des excuses vaseuses de l’homme qui rentre à point d’heure de chez les copains. Mesdames je vous en conjure, laissez au moins aux ethnologues le temps de correctement fixer dans la mémoire des livres et des films ces moments d’une grâce infinie où l’homme défie encore la dictature du raisonnable et, dans un sublime effort de mauvaise foi, justifie l’injustifiable pour la beauté du geste.
Intervention de Marie France .... Alors là, c’est tellement joliment dit que je ne puis que m’incliner et vous laisser, messieurs, à votre état de grâce culturel et à vos calendriers Pirelli et posters de Ségolène. Pour rester dans le bon goût, sachez que j’ai affiché dans mes WC le calendrier des footballeurs soullandais qui ont effeuillé leurs tenues au gré des mois : joli à voir, mes invité(e)s s’attardent parfois plus qu’il ne faudrait...
Intervention de Florence : On ne fait pas tourner le vin, le vin c’est DÉJÀ du jus de raisin tourné (beurk). Ce sont les hommes qui font tourner le jus de raisin, les malheureux. Florence (buveuse de jus de raisin pas tourné).
Intervention de jean-Philippe : Ah Julien, voilà un moment décisif dans une vie : faire sa cave. Une porte d’entrée assez large, la sortie paraît souvent petite. Un accès brouette est souhaitable pour l’entrée des cubits et sortir quelques impénitents. Une cave à distance de la cuisine. Toujours désagréable d’entendre la maîtresse de maison crier :" à table". Cela rappelle au patron que sorti de son antre, il redeviendra un quidam qulconque. Le carrelage au sol est facile d’entretien mais d’un modernisme médiocre. La terre battue s’impose. Un cendrier Pernot-Ricard bien sûr. Photo de Ségo ? Plutôt un Bernard Thévenet, maillot Peugeot à damier, année 75. Attention, un palan peut-être utile pour s’extraire du siège de la vielle simca. Après quelque Oberlain, ce sont de vrais pièges à bonhomme. Prends ton temps, quelques visites s’imposent. Mes meilleures caves : celles de deux voisins aux doux surnoms de "Coupe la soif" et "Pompe la pouche". J’oubliais, le truc rédhibitoire pour ta cave : l’odeur. Elle doit sentir le pinard. Avec un zeste de rance. Quelques moisissures naissantes sur les murs seront tendance. J’ai connu l’horreur absolue en Loire-Atlantique. Une cave nette comme une sacristie avec... un désodorisant. Madame était passée par là. Toute la déchéance de l’homme occidental dans ce semblant de cave. On comprend que ce département se soit appellé Loire-Inférieure. Un attrappe-mouche gluant en pendantif sera "in". A toi de jouer pour obtenir l’AOC "caves vendéenne". |
| Mise à jour le Samedi, 19 Septembre 2009 21:37 |
- la première forte évidente : être enterrée et possédée un escalier réputée pour sa difficile ascension au petit matin
- posséder quelques barriques bien alignées avec dans leurs antres un produit des vignes locales (du noa de préférence)
- aligner quelques bouteilles de gouttes de réserve. A se servir dans un but médical en fin de soirée lorsqu'un convive se sent mal
- avoir pour sièges des biots qui servaient ancestralement à poser le mat de la charette ou des tabourets à 3 pieds réalisés grossièrement et il en va de soi bancaux
- la table de récupération doit être à même d'accueillir plusieurs convives, elle doit gardée les tracess des précédents passages ou soirées
- les verres sont savamment disposés renversés sur des pointes rouillées, ils répondent d'une couleur qui résulte de l'utilisation du breuvage
- la cave doit avoir un espace dégagé d'environ 4m par 2m pour le confort des joueurs de palets diurnes et nocturnes (4 mètres ce n'est pas de trop pour jouer à la distance réglementaire de 2,80m)
- enfin la décoration, il faut je pense garder des souvenirs du passé bien visibles. Un bob marqué d'un coeur vendéen et de "souvenir de Bretignolles sur Mer" délicatement posé sur une bouteille de Mareuil est d'un plus bel effet ! La roue de charette, (ou de brouette), le dail à la lame ébrêchée, les bernes réalisées en sac "la Cigogne" seront également les biens venus
J'allais oublier la fameuse règle qui veut que les femmes y soient interdites... Pour la faire respecter rien ne vaut un plafond bas et au bout de quelques temps un ménage non fait associées à quelques belles toiles d'araignées devraient chasser toute présence féminines.
Bonne chance pour réunir tous ces ingrédients. Cette vision idyllique d'une cave n'est que l'amélioration de celle de ma jeunesse chez mes parents en notre douce patrie de Bialü (Beaulieu Sous La Roche pour ceux qui ne parleraient la langue).
Un vendéen exilé en Savoie.
un vendeen du sud
Image de Ph. Marquis



Commentaires